Faire venir sa famille : par où commencer
Cinq voies, et une seule est la bonne selon ton titre et ton lien de parenté. Se tromper de procédure coûte des mois, parfois deux ans.
- Qui est concerné
- Toute personne vivant en France qui veut faire venir un proche resté à l’étranger
- Délai
- De quelques semaines à deux ans selon la voie
- Coût
- De 150 € à 350 € par personne à l’arrivée, plus le visa
- Organisme
- OFII, préfecture, consulat de France
Il n’y a pas une procédure pour faire venir sa famille, il y en a cinq, et elles n’ont ni les mêmes conditions, ni les mêmes délais, ni le même prix. La bonne dépend de deux choses seulement : ton titre à toi, et le lien de parenté.
Commence par te situer dans le tableau. Le reste suit.
Selon ce que tu es
| Ta situation | La voie | Ce qu’on te demande |
|---|---|---|
| Tu es français | Visa conjoint de Français | Rien d’autre que le mariage transcrit |
| Tu es réfugié, protégé ou apatride | Réunification familiale | Ni délai, ni ressources, ni logement |
| Tu as un passeport talent | Famille accompagnante | Ni délai, ni ressources, ni logement |
| Tu as une carte d’au moins un an, depuis 18 mois | Regroupement familial | Ressources, logement, 6 mois d’instruction |
| Tu es étudiant | En pratique, aucune | Les ressources exigées sont hors d’atteinte |
Selon qui tu veux faire venir
| La personne | Est-ce possible ? |
|---|---|
| Ton conjoint marié | Oui, par l’une des voies ci-dessus |
| Ton partenaire de PACS, ton concubin | Pas de voie dédiée. Le PACS compte comme élément d’appréciation, rien de plus |
| Tes enfants mineurs | Oui, avec le conjoint et en même temps que lui. Voir faire venir ses enfants |
| Ton enfant majeur | Non, le regroupement familial s’arrête à 18 ans |
| Tes parents | Jamais par le regroupement familial. Trois voies étroites subsistent : voir faire venir ses parents |
| Tes frères et sœurs | Non, sauf le cas d’un mineur protégé qui fait venir ses parents |
Les cinq voies, en une phrase chacune
Conjoint de Français. Le visa de long séjour est de plein droit : il ne peut être refusé que pour fraude, annulation du mariage ou menace à l’ordre public. Tout se joue avant, sur la transcription du mariage célébré à Madagascar. Voir faire venir son conjoint quand on est français.
Réunification familiale. Réservée aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire et aux apatrides. Aucune condition de durée, de ressources ni de logement, mais la famille doit avoir été déclarée à l’Ofpra dès la demande d’asile. Voir la réunification familiale quand on est protégé.
Famille accompagnante du passeport talent. Le conjoint et les enfants mineurs reçoivent une carte « talent - famille », sans durée de séjour préalable, sans condition de ressources ni de logement, valable aussi longtemps que la carte du titulaire. C’est de loin la voie la plus rapide, et elle est ignorée de beaucoup de gens qui y auraient droit. Sa faiblesse : elle est adossée. Si la carte « talent » tombe, celle de la famille tombe avec.
Regroupement familial. La voie ordinaire, et la plus longue : dix-huit mois de séjour avant même de déposer, six mois d’instruction, puis le visa. Voir le regroupement familial.
Regroupement familial sur place. La même, sans repartir, mais à deux conditions strictes : le conjoint vit déjà en France sous une carte d’au moins un an, et le mariage a été célébré en France. Un mariage célébré à Madagascar ferme cette porte.
Les trois erreurs qui coûtent le plus cher
Croire que le mariage suffit. Un mariage valable mais non transcrit ne donne aucun droit au séjour, et la transcription peut se heurter à une opposition du procureur.
Entrer avec un visa touristique pour se marier ou se pacser sur place. Selon la façon dont on est entré, la même personne passe d’un droit à une faveur laissée à l’appréciation du préfet, et paie en plus un droit de visa de régularisation de 300 €, dont 100 € non remboursables.
Attendre d’avoir les ressources pour se renseigner. Les ressources du regroupement familial s’apprécient sur les douze mois précédant la demande. Un trimestre de chômage ou de temps partiel dans l’année écoulée fait tomber la moyenne, et il faut alors attendre douze nouveaux mois. Savoir cela un an à l’avance change tout.
Une chose à savoir pour Madagascar
Il n’existe pas d’accord bilatéral franco-malgache sur la circulation et le séjour, comme il en existe avec l’Algérie ou la Tunisie. Les Malgaches relèvent donc entièrement du droit commun : ni règle plus favorable, ni règle plus dure. Ce qui est écrit ici s’applique tel quel.
En revanche, l’état civil malgache pèse lourd : le consulat de France vérifie fréquemment les actes, et cette vérification porte le délai légal d’instruction d’un visa à huit mois. Préparer les copies intégrales avec mentions marginales, les jugements supplétifs et les traductions assermentées avant de déposer est le seul moyen de ne pas subir ce délai deux fois.
Cette fiche oriente, elle ne remplace pas l’administration. En cas de doute sur ta situation, la source officielle ci-dessus fait autorité, et le consulat de France à Tananarive pour tout ce qui touche à l’état civil.