KetriketrikaLe repère de la diaspora malgache en France
Soutenir

Faire venir son conjoint quand on est français

Le visa est de plein droit : il ne peut être refusé que pour fraude, annulation du mariage ou ordre public. Tout se joue en amont, sur la transcription du mariage.

Qui est concerné
Conjoints de Français, mariés à l’étranger ou en France
Délai
Visa demandé au plus tôt 3 mois avant le départ ; refus implicite du consulat à 2 mois
Coût
350 € à la validation du visa, taxe et droit de timbre compris
Organisme
Consulat de France, service central d’état civil de Nantes, préfecture

Être marié à un Français ou une Française change tout : il n’y a ni durée de séjour à attendre, ni ressources à justifier, ni logement à prouver. Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de Français, et ne peut être refusé que dans trois cas : la fraude, l’annulation du mariage, et la menace à l’ordre public.

Ce qui bloque, ce n’est donc presque jamais le visa. C’est ce qui vient avant : la transcription du mariage, et la façon dont la personne est entrée en France quand le mariage a été célébré ici.

Si le mariage a été célébré à Madagascar

Rien ne se passe tant que le mariage n’est pas transcrit sur les registres de l’état civil français. Ce n’est pas une formalité : sans transcription, le mariage n’existe pas pour l’administration française, et la carte de séjour ne peut pas être délivrée.

La demande se fait auprès du consulat de France à Tananarive, par l’un ou l’autre des époux, sans délai imposé. Les pièces : la copie de l’acte de mariage malgache, la preuve de la nationalité française du conjoint, un extrait d’acte de naissance récent.

Il y a une audition. Le consulat entend les époux ensemble, et peut les entendre séparément. S’il estime que les conditions ne sont pas réunies, il saisit le procureur de la République, qui dispose alors de deux mois pour s’opposer à la transcription.

Une fois le mariage transcrit, le conjoint demande son visa de long séjour au consulat, au plus tôt trois mois avant la date de départ prévue. Le silence du consulat pendant deux mois vaut refus.

Si le mariage a été célébré en France

Deux situations, et elles ne mènent pas au même endroit.

Entré régulièrement, avec un visa, même un visa de court séjour : la carte « vie privée et familiale » d’un an s’obtient sur place, sans repartir et sans visa de long séjour, à condition de justifier de six mois de vie commune effective en France avec le conjoint français.

Entré irrégulièrement : cette voie est fermée, parce qu’elle exige une entrée régulière. Il reste alors trois possibilités, dont aucune n’est de plein droit : repartir dans le pays de résidence et demander le visa, qui lui est de plein droit ; invoquer les liens personnels et familiaux ; ou demander une admission exceptionnelle au séjour, entièrement laissée à l’appréciation du préfet. Et si la préfecture régularise sur place, s’ajoute un droit de visa de régularisation de 300 €, dont 100 € versés au dépôt et non remboursables, même en cas de refus.

C’est la différence la plus coûteuse de toute cette fiche : la même personne, mariée au même Français, passe d’un droit à une faveur selon la façon dont elle est entrée.

À l’arrivée, et après

Le visa de long séjour vaut titre de séjour. Il se valide en ligne dans les trois mois de l’arrivée, avec paiement de la taxe. Le conjoint de Français relève du tarif plein : 350 €, taxe de 300 € et droit de timbre de 50 €, montants en vigueur depuis le 1er mai 2026.

Ensuite, le parcours est balisé :

  • carte « vie privée et familiale » d’un an, qui autorise à travailler sans autorisation de l’employeur. Le renouvellement se demande entre quatre et deux mois avant l’expiration ;
  • carte pluriannuelle de deux ans après un an de séjour ;
  • carte de résident de dix ans après trois ans, sous conditions de mariage, de vie commune et d’intégration ;
  • nationalité française par déclaration après quatre ans de mariage.

Le silence de la préfecture pendant quatre mois sur une demande de titre vaut refus.

Ce qui fragilise le titre, et ce qui protège

Le titre du conjoint est lié au mariage : il peut être retiré si la vie commune cesse, et son renouvellement suppose que le lien matrimonial et la communauté de vie subsistent.

Deux exceptions sont écrites dans la loi, et il faut les connaître avant d’en avoir besoin :

  • le décès du conjoint ne rend pas la rupture opposable ;
  • les violences familiales ou conjugales non plus. Dans ce cas, la carte est délivrée ou renouvelée, y compris en première demande, et la personne est exonérée de toute taxe et de tout droit de timbre. C’est un droit, pas une tolérance. Voir la fiche se défendre face à un abus.

Le PACS ne remplace pas le mariage

C’est la croyance la plus coûteuse en pratique. Un PACS avec un Français ne donne aucun droit au visa : le texte qui crée le visa de plein droit vise le conjoint, c’est-à-dire le mariage.

Le PACS compte, mais autrement : il est un élément d’appréciation parmi d’autres pour une carte « vie privée et familiale » fondée sur les liens personnels et familiaux, où le préfet apprécie la réalité, l’ancienneté, l’intensité et la stabilité des liens. Aucune durée minimale n’est fixée, et rien n’est automatique.

Et un PACS ne se conclut pas à distance : il suppose les deux partenaires présents, et l’étranger en séjour régulier au moment de l’enregistrement. Pour faire venir quelqu’un de l’étranger, il n’existe pas d’autre voie que le mariage.

Si le visa est refusé

Le recours suit un chemin particulier, et le rater rend la suite irrecevable :

  1. Commission de recours contre les décisions de refus de visa, à Nantes, par courrier. C’est un préalable obligatoire, dans un délai de trente jours à compter du refus, écrit ou implicite. Trente jours, pas deux mois : c’est beaucoup plus court que le délai administratif habituel, et il est couperet.
  2. Tribunal administratif de Nantes, seul compétent en matière de visas, dans les deux mois.

Un recours gracieux auprès du consulat reste possible en parallèle, mais il ne remplace pas la saisine de la commission.


Cette fiche oriente, elle ne remplace pas l’administration. En cas de doute sur ta situation, la source officielle ci-dessus fait autorité, et le consulat de France à Tananarive pour la transcription du mariage.

Dernière vérification : vendredi 11 septembre 2026

Une information a changé ? Signale-le, la fiche sera corrigée.

Partager

À scanner pour ouvrir la page

WhatsApp